Cameroun - Cinema. Deux salles de cinéma seront bientôt ouvertes à Yaoundé

  • Hugues Marcel TCHOUA | cameroon-tribune |
  • Publié : Lundi le 09 Juillet 2012 03:23:55 |
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  • Culture |

Annonce du ministre des Arts et de la culture samedi dernier, lors de la clôture de la 16e édition du festival Ecrans Noirs.

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La cérémonie de clôture du festival Ecrans Noirs, samedi dernier au palais des Congrès de Yaoundé, a été agrémentée de scènes agréables. D’abord, lors de la remise des prix de l’articulation « Ciné talent », l’une des innovations de la 16e édition permettant aux jeunes de démontrer leurs talents à travers mannequinat, comédie, musique et danse. Le tout Premier mister du festival a électrisé la salle avec son look et surtout sa démarche très originale, tout comme l’un des lauréats spécialistes de popping danse a arraché des vagues d’applaudissements. Il y a aussi eu du bon lors de la remise des prix, comme la gestuelle d’un diplomate qui a fait rire de bon cœur à chacun de ses pas sur scène.

Deux nouvelles annonces du ministre des Arts et de la Culture, Ama Tutu Muna, sont venues en rajouter au plaisir : l’ouverture tant attendue de deux salles de cinéma dans quelques jours, dont l’une à la cinémathèque nationale qui pourrait abriter la prochaine édition du festival Ecrans Noirs. Et un concours de scénarios sera lancé dans une quinzaine de jours. Au-delà de la prime que recevront les vainqueurs, certains pourront éventuellement être soutenus. Une déclaration faite après la remise du prix du grand lauréat du festival, le réalisateur burkinabè Boubacar Diallo, dont le film « Julie et Roméo » a reçu les faveurs du jury. Le long métrage a raflé l’Ecran d’Or, alors que l’Ecran d’honneur, baptisé Prix Charles Mensah, qui prime des professionnels exceptionnels a été décerné au Tunisien Hichem Rostom pour son rôle dans la « 5e corde » de la Marocaine Selma Bargach et l’Ecran du court, au Camerounais Soffo Simo, pour son film « Animtest ». Le court métrage d’animation a été diffusé et salué par le public. Mais c’est la scène finale de l’Ecran d’Or qui a affolé l’applaudimètre. Les organisateurs ont, par la suite, convié les invités au village du festival sis au Boulevard du 20 mai pour des « festivités jusqu’à l’aube ».

La 16e édition du festival Ecrans Noirs n’est pas pour autant finie. Elle se poursuit dès ce 9 juillet et ce jusqu’au 13 à Libreville au Gabon. Dans le cadre d’un début de reconquête des capitales des pays de la sous-région, vocation des débuts, en 1996, de ce rendez-vous des amoureux du 7e art.


« Le Minac va apporter la sérénité »

Bassek Ba Kobhio, promoteur et délégué général du festival Ecrans Noirs.

Vous vous étiez dit heureux à l’ouverture du festival. Quel est votre état d’esprit à la clôture de cette 16e édition d’Ecrans Noirs ?

Au moment de la clôture, je suis davantage heureux de cette édition qui a bien commencé, s’est bien terminée, a eu une semaine pleine, un village très fréquenté par des jeunes surtout, des projections assez courues, un colloque ( sur « Le développement de la télévision africaine, atout ou frein pour le cinéma du continent ? », ndlr) bien organisé, bien réussi.

Quelle appréciation faites-vous de la qualité des films proposés?

Il y a des années quand même où il y a eu davantage de films. Mais c’était une bonne sélection avec de bons films, une dizaine en longs métrages, des documentaires aussi, et puis de bons films primés. Le film qui a remporté l’Ecran d’or est un film populaire, qui plaît au public. C’est ce cinéma qu’il veut que nous nous mettions à faire. Le cinéma, c’est un art. Mais c’est aussi une réponse à des attentes du public. C’était bien de voir ce film dans une salle.

Cette année les Camerounais ont encore brillé par leur absence dans la catégorie des longs métrages notamment…

Parce qu’il n’y a pas eu de films forts cette année. Et qui dit que l’année prochaine il n’y en aura pas ? Ce serait démagogique de dire qu’on met un film camerounais parce qu’il est camerounais. C’est bien de dire, l’année où on en aura, on en mettra.

Votre caravane va se déporter à Libreville pour la suite. Est-ce grâce au financement annoncé du ministère des Arts et de la Culture ?

C’est une demande du Gabon qui a fait que nous relancions l’étape de Libreville. Parce que ce n’est pas l’argent du Minac qui va être dépensé au Gabon, c’est l’argent du Gabon. Et c’est très bien que le Minac ait signé une convention avec nous pour qu’il soit désormais co-organisateur. Ça nous amène à être un peu plus serein quant au financement, à ne plus beaucoup nous soucier des caprices des sponsors, qui vous annoncent à trois semaines de l’événement qu’ils ne sont plus partants alors que toute l’année ils vous ont assuré le contraire. Vous avez constaté que sur l’affiche, il y a un grand sponsor qui n’y est plus, parce que ça devient son habitude de lâcher les manifestations. Et donc ça nous fait du bien d’avoir une assurance avec le ministère.


Bassek ba Kobhio : « Le cinéma, c’est un art, mais c’est aussi une réponse à des attentes du public.»


« Julie et Roméo »

L’impossible amour devenu réel

L’Ecran d’or du festival présente des similitudes avec la tragédie de Shakespeare.


C’est l’histoire de Roméo et Julie, deux amoureux atteints au bon endroit par la flèche de Cupidon. Mais les ennuis commencent lorsque nos tourtereaux s’engagent à vivre ensemble. Ils doivent respecter la tradition qui exige le mariage. Seulement, au moment d’entreprendre les choses sérieuses, un oncle de Julie intervient et rappelle un interdit entre les deux familles qui rend impossible tout lien par voie de mariage. Malédiction née il y a trois générations (un siècle), lorsqu’un ancêtre de Roméo vola des œufs de pintade chez une ancêtre de Julie. Surpris, il sera roué de coups. Et pour se venger, mettra le feu à la case de cette dernière, ôtant la vie à une parente malade qui y était couchée. C’est la fin des noces. Malheureusement, une rumeur faisant état du décès de Julie fait son chemin, grossit par les allégations des uns et des autres. Elle finit par arriver aux oreilles de Roméo qui se suicide. Désorientée, Julie est conduite par une tante chez son oncle au village pour essayer d’oublier. Elle réalise que les pouvoirs extraordinaires qu’on lui prête ne sont pas complètement faux. Elle lui demandera alors de la renvoyer dans le temps pour essayer d’empêcher la mort de son amant… Le scénario et le titre du film du Burkinabè Boubacar Diallo laissent assez distinguer des similitudes avec la célèbre tragédie de Shakespeare, mais aussi beaucoup de différences, qui font tout son charme et son originalité. 92 minutes de pur bonheur, avec des ingrédients tels des effets spéciaux plutôt réussis.

HMT


Palmarès de la 16e édition du festival Ecrans Noirs

Ecran d’or (meilleur long metrage) : « Julie et Romeo » du Burkinabe Boubakar diallo, 92 min.

Ecran du court : « Animtest » du Camerounais Soffo Simo, 04 min.

L’Ecran du documentaire : « Zwelidumile » du Sud Africain Ramadan Suleman, 107 min.

Ecran de l’Afrique Centrale : « Faso Furie » du congolais (Kinshasa) Henri Joseph Koumba Bididi, 114 min.

Ecran du film étranger : « Ainom » de Lorenzo des italiens Cella Valla et Mario Garofalo ,90 min.

Ecran d’honneur ( prix Charles Mensah) : le comédien Hichem Rostom pour son rôle dans la « 5e corde » de la marocaine Selma Bargach.

Ecran de l’espoir : Jean Ndoumbe, jeune réalisateur camerounais. 

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