Cameroun - Politique. DEPUIS LES ETATS-UNIS D’AMÉRIQUE: Cabral Libii se prononce

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  • Publié : Lundi le 17 Juillet 2017 05:37:52 |
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Ambitions politiques. Relations avec les services de renseignement camerounais. Controverse sur le jeu d’agent double au service du régime Biya et de l’opposition. Non-dits de sa tournée américaine. Agenda conduisant à la présidentielle de 2018. Opération 11 millions d’inscrits sur les listes électorales…

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Annoncé en Belgique, c’est plutôt aux USA qu’on vous retrouve aujourd’hui. Cabral Libii aurait-il donné une fausse piste parce qu’il craignait pour sa sécurité?

D’abord, je suis un citoyen camerounais qui jouit de la plénitude de ses droits, dont le droit de me rendre où je veux sur toute la planète Terre, tant que je réponds aux critères juridiques y afférents, notamment les droits de porte lorsque j’ai un passeport et un visa. Par habitude, je n’annonce pas mes voyages, notamment lorsqu’ils s’inscrivent dans le cadre de mes activités. Le voyage de la Belgique, ce n’est pas moi qui l’ai annoncé. Il a été rendu public par ceux qui l’ont initié et qui sont en train de l’organiser. Il s’agit d’une association dont les membres sont des compatriotes disséminés dans la diaspora. Ils ont décidé de me décerner un prix.

L’association en question, c’est l’Observatoire Electoral de la Diaspora Camerounaise basée en Belgique.

Elle a décidé de me décerner ce prix subséquemment à l’opération un peu inédite que j’ai lancée au Cameroun: l’opération au moins onze millions d’inscrits sur les listes électorales au 31 aout 2017. J’irai recevoir ce prix en Belgique en fin aout justement.

J’ai décidé également de répondre à l’invitation d’autres Camerounais de la diaspora aux USA. Ceux-ci estimaient que l’opération onze million d’inscrits sur les listes électorales, qui connaissait un certain retentissement au Cameroun, méritait de se prolonger sur le territoire américain où il se trouve un nombre assez important de camerounais.

L’on remarque pourtant que vous êtes l’objet d’attaques de plusieurs Camerounais vivant justement aux USA. Comment vous vous l’expliquez?

En réalité, ceux de mes compatriotes qui m’attaquent depuis un certain temps n’ont pas attendu mon arrivée sur le sol américain.

Je suis attaqué depuis le jour où j’ai lancé l’opération onze millions d’inscrits. Au départ, mon idée faisait rire partant du postulat que je n’avais pas les moyens de poursuivre une telle opération et que de toute façon le peuple camerounais était complètement désintéressé de la chose politique.

Cette opération faisait rire tout le monde, y compris des personnes bien pensantes et des personnalités politiques respectables. Mais, moi j’ai cru en cette idée-la et j’ai décidé de la mener jusqu’au bout, quitte à ce que je sois ridiculisé par son échec. Dieu merci, lorsque j’ai lancé l’appel, des compatriotes exclusivement jeunes ont accepté de se joindre à moi et nous avons commencé par un relatif succès avec les jeunes de Douala. Et puis, de jour en jour, de semaines en semaines, la mayonnaise a pris de l’ampleur sur tout le territoire. Depuis, les attaques ont commencé à fuser de toutes parts.

Elles sont l’oeuvre des compatriotes embusqués derrière des prête-noms sur internet, d’autres toujours sur internet utilisant leur profil réel, d’autres dans la presse et ils se recrutent de toutes les catégories. Leurs arguments ?

Pour certains, cette opération est inopportune parce que le combat que je dois d’abord mener est celui de la révision du code électoral.

Pour d’autres, je suis à la solde du régime de Paul Biya. Je rappelle quand même, pour ceux qui n’ont pas une mémoire sélective, que si cette opération marche, c’est parce que je jouis d’une certaine respectabilité, d’une certaine notoriété et même d’une certaine légitimité au Cameroun. J’ai acquis ces atouts, ce niveau d’estime par ma présence sur l’espace public, notamment médiatique au Cameroun où j’ai souvent affiché un certain nombre de positions : parfois de contestation, parfois de critique. Jusqu’à ce que je lance l’opération onze millions d’inscrits, tout le monde me tolérait cette respectabilité-la. D’ailleurs, ceux qui m’attaquent le plus aujourd’hui, m’associaient à leurs activités. Je vois là des militants d’un certain parti politique qui, il y a à peine un an, m’avaient annoncé en grande pompe dans leurs rangs. Parce que j’ai décliné l’offre qui m’avait été faite ou plutôt que j’ai démenti l’information qu’ils avaient donnée, aujourd’hui ils publient des tonnes de choses pour attester que je suis un pion du système. A se demander si lorsqu’il y a un an, ils m’annonçaient dans leur parti, ils n’avaient pas toutes ces informations.

Mais je suis par nature tolérant.

Je suis tellement habitué aux attaques, aux calomnies et autres choses, que je concède à certains de mes compatriotes d’être sceptiques et d’avoir du doute. Et je préfère leur laisser du temps de se faire une opinion différente, vis à vis de ma personne.

Je vois d’ailleurs qu’il y a une certaine escalade dans les attaques.

Sur internet beaucoup de gens disaient il y a quelques semaines que de toute façon, j’étais un aventurier parce que n’ayant jamais voyagé vers des pays puissants, je ne pouvais rien maitriser de la gouvernance d’un Etat. D’autres d’ailleurs, beaucoup plus désobligeants, disaient que j’étais un type indigent qui porte les mêmes habits tous les jours sur les plateaux de télé. Les mêmes qui, lorsqu’ils me voient en costume estiment que je ne peux l’avoir que parce que je suis financé par l’Etat. A croire que le costume coûte certainement plus cher que le véhicule Volkswagen dans lequel je roule au Cameroun. Evidement, comme je ne peux pas m’acheter un billet d’avion, ça veut dire que c’est par sorcellerie que je suis allé l’année dernière au Sénégal, au Ghana, au Togo… J’imagine que pour une fois que je voyage aux USA, je suis incapable de m’acheter un billet d’avion. Et même si ce sont des compatriotes qui me l’ont acheté, puisque c’est le cas, d’où voit-on d’un mauvais oeil que mes compatriotes m’achètent un billet d’avion et me reçoivent avec de petites attentions aux USA? J’estime que ces compatriotes ont fait un sacrifice qu’il faut d’ailleurs mettre dans le même registre que ces autres sacrifices qui sont faits au Cameroun par des jeunes qui cotisent de leur argent pour que l’opération « onze millions d’inscrits » se poursuive.

Pour revenir aux attaques, je rappelle qu’acheter un billet d’avion pour un homme d’affaires prospère aux USA, c’est des broutilles.

Mais de toutes les façons, mes détracteurs estiment que ces gens ne peuvent avoir de l’argent que par les services secrets et que moi-même je ne peux aller aux USA. Je donnais vraiment du crédit a certaines associations de la diaspora, puisque certaines personnes qui s’exprimaient en leur nom étaient très souvent d’anciens cadres de la police nationale, réputés avoir eu ou avoir accès actuellement au renseignement. Certains ont d’ailleurs ou ont eu des grades respectables dans la police.

Quand ils publiaient certaines informations, je les prenais au sérieux.

Mais là, je viens de découvrir que je m’étais toujours trompé sur leur compte. Car ils publient sur internet, que de sources sûres, j’étais financé par l’Etat et que les personnes qui me recevaient aux USA étaient des agents de renseignement.

Je le dis de façon péremptoire que je ne suis ni de près ni de loin associé aux services de renseignements camerounais.

Qui d’ailleurs me pourchassent.

Mes compatriotes qui m’accueillent mènent une vie transparente aux USA, ils mènent des activités traçables. Nous sommes quand même aux USA, où si vous avez achetez un bonbon, l’Etat est capable de savoir quel bonbon vous avez acheté et qui vous l’a vendu.

Ces photos de vous à Washington ont fait le buzz dans les réseaux sociaux.

Beaucoup disent que ce sont des images truquées. Que leur répondez-vous?

Observez l’évolution du discours. Je n’ai jamais annoncé que je venais aux USA. C’est un compatriote, Boris Bertolt qui annonce que je suis aux USA et l’information est vraie. Par la suite Boris Bertolt qui ne m’a jamais demandé pourquoi je suis aux USA annonce que je suis là, premièrement pour mobiliser les Camerounais pour l’opération « onze millions d’inscrits ». L’information est vraie.

Deuxièmement, il dit que je suis à la recherche des soutiens financiers pour mes ambitions politiques.

Là je ne sais pas de qui il tient cela. Par la suite, j’envoie des photos à Ernest Obama de Vision 4 tv. C’est d’ailleurs des photos prises par un compatriote qui est le correspondant de Canal2 International à Washington. Ce n’est pas que je me suis arrêté pour faire une séance de photos.

Je sortais de l’hôtel où j’avais rencontré un certain nombre de personnes qui ne souhaitaient d’ailleurs pas être filmés, sauf monsieur Bernstein qui fut le conseiller Agricole de Jimmy Carter. Ces photos ont été publiés par Ernest Obama et puis très vite, Boris Bertolt et certains qui lui sont très proches ont publié sur internet pour dire que ce sont des photos montées. D’ailleurs, l’un des amis de Boris Bertolt va publier qu’ils ont vérifié dans tous les aéroports du Cameroun et mon nom ne figure sur aucun fichier, donc je mens que je suis aux USA. Pour eux, j’étais caché quelque part au Cameroun. Par la suite, ils vont se raviser et reconnaitre que je suis aux USA, mais que je suis un pantin, un guignol, que je passe le temps à parader, que je loge chez un certain Henri Mananga qui est du service des renseignements.

Ils ont affirmé que je suis moi-même un affidé du régime Biya, et que je suis aux USA transportant une mallette de plusieurs millions de dollars à distribuer aux Camerounais de la diaspora afin qu’ils s’inscrivent sur les listes électorales pour maquiller la réélection de Paul Biya en 2018.

Et si on demandait à Cabral Libii de nous parler de ses journées et rencontres aux USA?

Je ne sais pas pourquoi, c’est quand je suis aux USA que je dois désormais faire un reportage quotidien de mes activités. Depuis que j’ai lancé l’opération « onze millions d’inscrits », j’ai créé une page et un groupe Whatsap dans lequel je publie des photos de ce que je fais sur le terrain. Je fais beaucoup de rencontres ici, mais je ne peux pas poster de photos de ces rencontres-la parce que ce ne sont pas des rencontres comme au Cameroun où nous sommes sur le terrain des inscriptions. Je suis ici pour sensibiliser mes compatriotes, leur dire qu’ils doivent s’inscrire sur les listes électorales.

Et je pense qu’à l’étranger, les inscriptions se font à l’ambassade.

Beaucoup de compatriotes m’ont dit qu’ils sont allés à l’ambassade, mais ils n’ont pas pu s’inscrire.

J’ai essayé de rentrer en contact avec l’ambassadeur du Cameroun à Washington. J’ai appelé l’ambassade, j’y suis allé, mais on m’a dit qu’on ne pouvait rencontrer l’ambassadeur que sur rendezvous.

Et on m’a dit que ce rendez- vous, pour l’avoir, il fallait rédiger une requête. Ce que j’ai fait physiquement et par internet.

Je veux dire à l’ambassadeur que je souhaite qu’il procède à une vaste opération d’inscription des compatriotes sur les listes électorales.

En attendant le retour de l’ambassadeur, je rencontre des compatriotes qui sont en réalité regroupés dans plusieurs types de communautés. On fait donc des réunions au quotidien, parfois d’ailleurs jusqu’à très tard. Beaucoup sont séduits par l’opération et s’engagent à aller vers l’ambassade s’inscrire sur les listes électorales.

Ils prennent surtout pour la plupart l’engagement d’appeler au pays pour mobiliser leurs familles.

Il y a d’autres rencontres que je fais et qui ne sont pas l’objet d’étalage public parce que ce sont des rencontres d’ordre stratégiques avec des personnalités camerounaises d’un certain niveau; parfois des personnalités qui travaillent dans des organisations internationales qui veulent que non seulement leur identité ne soit pas dévoilée, mais aussi que l’objet de nos rencontres reste secret.

Vous comprenez donc pourquoi à Yaoundé on peut vous soupçonner d’être aux USA pour chercher des alliances capables de provoquer le changement du régime?

On ne peut pas initier une opération « onze millions d’inscrits » et préparer en même temps un coup d’Etat. Je suis venu aux USA chercher le renfort de mes compatriotes comme je l’ai toujours cherché même au Cameroun. Mes positions sont connues: ce n’est pas les USA qui vont provoquer le changement de pouvoir au Cameroun, mais les citoyens camerounais.

C’est pour ça que je demande à ces derniers de s’inscrire sur les listes électorales et de se mobiliser en votant massivement et en surveillant massivement leurs votes. Maintenant, que je sois venu chercher des renforts pour renverser un régime, dans ce cas, c’est ce dont on m’aurait accusé. Mais vous-même vous venez de le dire que ce dont on m’accuse, c’est d’être un pion du régime, d’être un personnage des services de renseignements du régime. Et que c’est d’ailleurs ce qui justifie que ce régime n’a fait jusqu’ici aucune sortie officielle pour me contrer. Alors je veux comprendre: d’un côté, je suis soupçonné de chercher des renforts pour renverser Biya, alors que les proches de Biya sont les premiers à m’attaquer. De l’autre côté, je suis soupçonné d’être à la solde de Biya. Je suis donc entre deux feux, mais je me dis que c’est une incompréhension. Peutêtre que je n’arrive pas encore à trouver les bons mots, le discours idoine pour apaiser et rassurer tout le monde. Encore que je ne sais pas si j’ai vraiment besoin de raisonner les gens quand je lance une opération citoyenne. Tout ce que j’attendais en lançant cette opération, c’était d’être soutenu.

Vous me voyez étonné. Je me demande, je m’interroge, mais en attendant, rien. Mais alors, rien ne peut m’arrêter dans mon élan.

Jusqu’à ma dernière goutte de sueur, je me battrai pour mobiliser mes compatriotes afin qu’ils se lèvent et qu’ils décident de ce qui doit se passer au Cameroun en 2018. Il est hors de question que nous ayons un potentiel électoral de 13 à 14 millions de personnes et qu’on en soit à 6,5 millions d’inscrits à un an des élections.

Mais qu’est-ce que je reçois? Des attaques. Mais je comprends aussi que c’est peut être ça la trajectoire des hommes qui osent et qui viennent remettre en cause un ordre établi profitant à des personnes qui craignent de perdre un avantage dont l’avenir nous dira le nom.

Avez-vous aussi rencontre des compatriotes anglophones?

J’ai rencontré effectivement des compatriotes anglophones. J’irai même jusqu’à vous révéler que j’ai rencontré certains acteurs de la crise anglophone qui ont pu partir du pays précipitamment parce qu’ils faisaient l’objet de mandats d’arrêt. Ils vivent maintenant aux USA avec un statut de réfugié. J’avoue que je n’ai pas eu avec eux plus que je ne savais déjà de la crise anglophone. Parce qu’il y a longtemps que j’échange sur le sujet au Cameroun avec les acteurs de cette crise-là. Globalement ces compatriotes anglophones sont derrière l’opération «onze millions d’inscrits». Eux aussi disent qu’il est temps pour le changement au Cameroun, et que, c’est par la voie des urnes que ce changement va arriver.

Vous voyez donc que contrairement à ce qu’on raconte, la crise anglophone n’est pas pour créer du désordre, mais une crise qui vise simplement la satisfaction d’une tranche de la population camerounaise d’expression anglaise.

En séjournant dans la première puissance économique mondiale, vous avez certainement pensé à des contacts avec le monde des affaires?

Je suis porteur d’un projet de société et j’ai annoncé mon entrée en politique, donc vous vous doutez bien que je mets mon séjour aux USA à profit pour m’inspirer de l’expérience de ce gigantesque pays. Tout comme je n’ai pas manqué de transmettre les remerciements du peuple camerounais à l’Etat américain qui a envoyé 300 militaires pour nous aider dans la lutte contre Boko Haram.

Ça aussi été pour moi l’occasion de remercier le gouvernement américain pour l’appui incessant qu’ils ont accordé au gouvernement camerounais, notamment sur la question des droits de l’homme et même sur la question de la démocratie. Pour revenir à la question économique, moi j’ai toujours pensé que le Cameroun avait beaucoup de ressemblances avec les USA. Les Etats-Unis sont un pays composite, le Cameroun est l’Afrique en miniature. En circulant sur les rues américaines, je rencontre tellement de nationalités que je me demande qui est américain et qui ne l’est pas?

C’est aussi un peu ça le Cameroun.

Quand vous circulez dans notre pays, selon que vous allez au Nord, à l’Est, à l’Ouest… vous vous demandez parfois si vous n’êtes pas sorti du Cameroun pour vous retrouver dans un autre pays. Je pense qu’on peut s’inspirer de l’expérience du vivre ensemble américain pour l’appliquer au Cameroun où l’on assiste à une sorte de crise de nationalité, voire de crise de l’Etat/nation. Je suis aussi surpris par la discipline qui règne dans un Etat aussi vaste, aussi composite que l’Etat américain.

Comment font-ils? Voilà un Etat qui a sacralisé le bien public, voilà un Etat qui a su sacraliser l’argent public et ça, on peut s’en inspirer. Je m’interroge aussi comment les USA font pour être aussi puissants économiquement. Pour le comprendre, j’ai aussi mis à profit mon séjour pour m’inspirer du modèle économique américain.

L’un des points de mon projet de société est intitulé “Come back home”, il vise à faire revenir au Cameroun tous ces compatriotes qui sont volontaires à venir travailler pour le relèvement de notre pays. J’ai eu le plaisir de rencontrer ici aux USA un compatriote qui a été, pour le compte de l’Etat américain dans la guerre d’Irak et qui durant cette guerre avait mis sur pied tout le système de communication des troupes américaines.

Ce compatriote est souvent revenu au Cameroun, il est porteur de projets au Cameroun ?

Ceux-ci dorment tous dans des tiroirs depuis quatre ans. Au bout de notre échange, ce compatriote m’a dit ceci: Cabral Libii si tu peux, ramène moi dans mon pays”.

Que répondez-vous à ceux qui vous soupçonnent d’être épaulé par la NDI dont le monsieur Afrique est Christopher Fomunyoh que l’on a vu très actif dans les élections en Côte d’Ivoire, au Nigeria, au Gabon?

Je tends la main au monde entier au nom du peuple camerounais, pour l’aider à décider de qui le dirige. Paul Biya lui-même n’a eu de cesse de recevoir des appuis du monde entier pour perfectionner la démocratie au Cameroun. Notre démocratie a besoin d’être aidée, et de mon point de vue, toutes les aides sont les bienvenues.

Et si j’ai la chance d’en rencontrer quelques-uns, qui peuvent nous aider, c’est volontiers que je recevrai leur appui tant que ça ne remettra pas en cause l’identité camerounaise, tant que ça ne remettra pas en cause la cohésion et la paix au Cameroun, tant que ça ne visera pas l’aliénation de la personne que je suis ou l’aliénation des biens du Cameroun.

Que répondez-vous à ces nombreuses sources qui vous contestent la paternité de l’appel à l’inscription massive sur les listes électorales?

S’il le faut, je concède même qu’on me refuse la paternité de cette opération et je suis prêt à m’effacer au profit de ceux qui se prétendent les vrais initiateurs de cette opération.

Puisqu’ils me contestent la paternité de l’opération, qu’ils me remplacent donc sur le terrain, pourvu que ça aille mieux pour la démocratie.

A quoi bon s’inscrire pour le vote, vous dites ceux qui croient que il n’y a pas d’élections crédibles au Cameroun l’an prochain.

Si ça n’a pas lieu l’an prochain, ce sera l’année d’après. Dans tous les cas, ça aura lieu un jour. D’où voit-on d’un mauvais oeil que des gens s’inscrivent sur des listes électorales et restent chez eux avec des cartes d’électeur en attendant le jour où il y aura élection.

D’autres politiciens estiment que votre opération prépare plutôt un plébiscite à Paul Biya qui n’a jamais perdu d’élection. Selon eux, il faut concentrer la lutte pour la révision du code électorale.

Abdou Diouf avait gagné toutes les élections jusqu’au jour où il a été battu par Abdoulaye Wade.

Blaise Compaore avait gagné toutes les élections jusqu’au jour où le peuple l’a renversé. Le combat de la révision du code électoral ne peut empêcher en tout cas l’inscription massive sur les listes électorales. Combien d’articles j’ai publiés dans des journaux et des ouvrages pour dire et démontrer à quel point le code électoral et l’appareillage électoral au Cameroun étaient sujet à caution et qu’ils devaient être améliorés?

Déjà une dizaine de candidats déclarés pour la présidentielle de l’an prochain. Comment vous appréciez?

Ça me fait de la peine à deux titres. La première raison? Je reste convaincu que c’est une action consensuelle, coalisée de l’opposition qui ouvrira à cette dernière les meilleures chances d’évincer Paul Biya du pouvoir. La deuxième démarche pour laquelle ça me fait de la peine, c’est que tous ceux qui annoncent leur candidature prennent cela comme un amusement. C’est à croire que la politique est devenue au Cameroun comme la samba.

Quelqu’un se lève un matin, il fait des grimaces devant le peuple, il dit qu’il est candidat et puis il s’arrête là. Il dit qu’il est très fort.

Surtout quand il circule dans la rue et tout le monde l’appelle président.

Dans son esprit, il croit vraiment qu’il est président. Je crois que quand Paul Biya voit tout ça, il rit en envoyant les deux pieds en l’air.

Longue Longue, Coco Argentée et Richard Amougou, tous des musiciens camerounais, ont aussi débarqué aux USA ces derniers jours, mais tout le monde ne parle que de Cabral Libii. Qu’est ce que ça vous fait de ravir la vedette à ces célébrités de la musique camerounaises?

Disons que nous ne sommes pas là pour les mêmes raisons. Quand il s’agit de musique, on parle de musiciens, quand on parle de politique on parle de Cabral Libii.

J’ai d’ailleurs eu le Bonheur de rencontrer ici à Washington Longue Longue. Je vais vous dire que je ne pose pas sur mes compatriotes musiciens un regard condescendant. Un pan de mon plan de société vise l’industrialisation de la culture. Ici aux USA, on respecte les artistes alors qu’au Cameroun, tout ce qui est art, tout ce qui est culture est complètement bafoué. Autant que moi, vous savez qu’on laisse prospérer la piraterie au Cameroun simplement pour que les artistes ne vivent pas de leur art. Il est hors de question que des artistes comme Longue Longue rasent les murs avec tout le succès qu’ils ont eus.

Propos recueillis par Celestin Ngoa Balla à New York

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