Cameroun - Education. Cameroun - Interdiction des cours de répétition: Où est passée la mesure du préfet de la Mifi ?

  • Christian MANGA |
  • Publié : Mardi le 15 Novembre 2016 12:31:28 |
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  • Société |

Pour le début de cette année scolaire, la mesure du préfet de la Mifi semble avoir perdu de sa popularité. Evocation sur son actualité.

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On se souvient que cette mesure intervenait dans le clash de l'interdiction de la musique " coller la petite ".  Il avait été particulièrement interpellé sur la nécessité d'aller au bout de sa logique pour les musiques urbaines de la même catégorie. Le seul petit regret relevé était celui de la vacuité du motif qui avait fondé l'interdiction.

En remettant çà avec l'interdiction des cours de répétition au sein du campus des établissements scolaires, on avait compris que le chef de terre commençait déjà à aller dans tous les sens. Il avait déjà minoré son appréciation sur " coller la petite ". Maintenant, il fit plus que ce que la loi lui permet. La suractivité du ministre lors de la préparation de l'année académique 2016-2017 lui aurait permis de toucher un mot à propos.

Puisse que cette mesure est toujours en vigueur, mais, elle est victime de sa propre inadaptation, mais, surtout, de son incohérence juridique amplement démontrée. C'était une mesure curieuse que le préfet n'avait à tous point de vue pas substantiellement jaugé sa vérité légale. En essayant d'aller percevoir les substrats de légalité et de nécessité, qui allaient de soi lors de l'interdiction de " coller la petite ", cet arrêté préfectoral du 25 novembre 2015 ne dégageait pas ces exigibilités élémentaires.

Furtivement, une analyse attesterait du contraire. Et c'est justement cette forte tentation qui semblait avoir emporté la majorité de l'opinion publique qui fait la recette actuellement. Dans une posture purement technique, il faut s'en garder. En poussant l'analyse, cela permit de relativiser les arguments avancés par le préfet sur successivement trois éléments. D'abord, le préfet n'avait absolument pas été pertinent dans son raisonnement. Ensuite, sa compétence, jusqu'à preuve de contraire, demeure discutée. Enfin, les implications de la décision sont dangereuses.

EXCÈS D'UNE MESURE
D'abord, on avait été tenté de croire que de la précipitation aurait prédestiné cette mesure. Dans son arrêté, le préfet estime que " les cours de répétition et de rattrapage sont désormais interdits les mercredis aprèsmidi au sein des établissements scolaires relevant du Ministère des Enseignements Secondaires, car, ces après-midi sont réservés aux activités sportives et post périscolaires ".

Dans l'organigramme du contenu des programmes des activités des établissements du secondaire, conformément aux directives de l'Unesco, l'après-midi du mercredi est un moment de détente dans des activités sportives et périscolaires qui sont des activités culturelles. Il faut bien retenir que ces espaces de villégiatures octroyés aux élèves sont des moments personnels, qui sont en principe leurs droits.

Il s'agit du droit aux loisirs ! Etant un droit et non une obligation, l'élève peut ménager ce moment pour n'importe quelle activité qui ne soit contraire à l'ordre public comme des cours de répétition. Ce n'est pas un droit sanctionné. Autrement dit, nulle part il est proscrit l'utilisation de l'après-midi du mercredi à d'autres fins que le sport et la culture. Les cours de répétitions sont légitimes et légaux.

En plus la démarche du préfet pousse à croire que ces cours sont imposés aux élèves. Si cela était avéré, alors sa démarche serait justifiée. Mais dans ces groupes où les élèves adhèrent volontairement, il est légitime et légal pour eux de ménager cet après-midi à leur guise, dont les cours de répétition. Ils ont droit à ces activités et ne sont point soumis à l'obligation de celles-ci.

Plus fondamental encore, on veut bien savoir dans quelle mesure les cours de répétition empêcheraient ceux qui sont attirés plutôt par ces activités sportives et périscolaires. En lisant le préfet, c'est comme si ces cours étaient dispensés sur les aires de jeux de football, handball et autres, ou que ces sports étaient pratiqués dans des salles de classes, alors que les cours se passent toujours en classe, et le sport toujours sur le terrain de jeu. Cherchons toujours en quoi l'un empièterait sur l'autre !

Ensuite, la compétence du préfet était discutable. Il est le garant le l'ordre public et du bon fonctionnement des services publics comme les établissements d'enseignement secondaire publics ou privés. Le fonctionnement d'un établissement scolaire revient en principe aux responsables de l'établissement, qui est le proviseur, le directeur ou le principal. Le préfet se charge de l'aspect purement administratif tel que la supervision de la gestion du personnel enseignant et autres missions assignées à l'établissement.

Parlant plus techniquement des questions didactiques et pédagogiques, cela incombe au délégué régional et ou départemental de l'enseignement secondaire avec l'inspecteur. Mais au quotidien, l'administration des cours, l'affectation des salles de classe, le programme, la tenue de l'établissement sont du ressort du chef d'établissement, du délégué départemental et régional chargé de chaque secteur de l'enseignement. En se mêlant des cours de répétition dans les établissements, le préfet de la Mifi coupait l'herbe sous les pieds des responsables de ces établissements en agissant où ils le sont en principe.

Qui mieux que le proviseur peut gérer l'affectation des salles de classe pour une chose ou pour une autre, a fortiori des cours de répétitions ? Enfin, les implications de cette décision tirées des deux démonstrations ci-dessus aboutissaient à l'évidence du risque de métamorphose du préfet en super-préfet ! Voulant tout faire, voulant tout régler, tout préciser, le préfet de la Mifi, à ce rythme, aurait pu être comparé au P.r dans notre constitution, qui fait tout et agit partout, pourtant dans un système de séparation de pouvoir.

Et dans les mêmes proportions, dans un système de légalité, l'action du préfet avait débordé irrésistiblement. On ne se serait pas vraiment étonné qu'il eut pris des mesures disposant des heures de travail du personnel soignant dans un hôpital, ou alors, qu'il exigeât des fonctionnaires des feuilles de performances personnelles ! Visiblement, cette mesure a déjà payé le prix de son impopularité, et de l'inexistence de son objet. Il n'y a qu'à voir le train-train quotidien de ses répétiteurs qui bondent les salles d'élèves pendant le mercredi dans l'après-midi. Le choses ne sont pas prêtes de changer.

 

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