Cameroun: manifestation à Douala après le décès d'une femme enceinte dans un hôpital

Affaire Monique Koumate. Cameroun: manifestation à Douala après le décès d'une femme enceinte dans un hôpital

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Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dimanche à Douala, après le décès d'une femme enceinte dans un hôpital dans des circonstances floues, lançant une polémique sur la prise en charge des malades au Cameroun.



La mort samedi matin de Koumateke Monique, 31 ans, enceinte de jumeaux, a suscité une vague d'indignation sur les réseaux sociaux, sa famille accusant le personnel soignant de l'hôpital Laquintinie, un des plus importants de la capitale économique, d'avoir refusé de la prendre en charge et d'être responsable de sa mort.

Certains manifestants brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire, selon un journaliste AFP sur place: "Y a en marre. Trop de pauvres tués dans les hôpitaux" ou encore "Plus jamais de Koumateke Monique".

Ils ont ensuite entonné l'hymne national, certains agitant des morceaux de tissu de couleur blanche, d'autres des bougies allumées. La police est rapidement intervenue pour les disperser avec du gaz lacrymogène.

D'après la version de l'hôpital, la jeune femme était arrivée samedi matin inconsciente avec sa mère, où l'on a refusé de la prendre en charge après avoir constaté qu'elle était déjà morte, ce que contestent ses proches.

"On s'est rendus à la maternité et ils nous ont fermé la porte au nez (...) Ma fille était bien vivante à son arrivée à l'hôpital. Je lui parlais comme je parle avec vous", a assuré dimanche à l'AFP la mère de la victime, Sen Beas.

Pour éteindre la polémique, le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, a confirmé la version de l'hôpital dimanche soir à télévision nationale en déclarant que la femme était décédée "au moins deux heures" avant son arrivée à Laquintinie.

Espérant sauver les fœtus, une proche a alors ouvert en urgence le ventre de la jeune femme avec une lame chirurgicale, à l'entrée de la maternité. Une vidéo de cette scène a été diffusée sur Facebook, suscitant de nombreux commentaires d'internautes choqués, traitant les médecins camerounais d'"assassins".

La parente de la victime a été interpellée, de même que le directeur de l'hôpital et trois de ses collaborateurs, selon des sources policières.

Un peu plus tôt, le gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, avait lui affirmé que les circonstances du drame n'étaient pas encore élucidées et qu'il fallait attendre les résultats de l'enquête pour savoir comment "on en est arrivé là".

Au Cameroun, la prise en charge de patients dans les hôpitaux publics est très critiquée, médecins et infirmiers étant souvent accusés d'abandonner les malades qui ne peuvent pas payer les soins, très peu de salariés disposant d'une assurance maladie.
 

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