Cameroun - Musique. Célébration: Dina Bell, puissance 40

  • Rita DIBA | Cameroon-tribune |
  • Publié : Jeudi le 23 Février 2017 16:38:25 |
  • 7507 hits |
  • Culture |

Le crooner fête quatre décennies de musique samedi à Douala-Bercy.

| Nous suivre sur facebook | Nous suivre sur twitter | Imprimer | Envoyer cet article à


Qui ne connaît pas « Sophie » ? Tout le monde connaît « Sophie ». Pourtant, Dina Bell, c’est tellement plus que « Sophie ». En effet, on n’acquiert pas le titre « chanteur de charme » avec une seule ballade. On n’obtient pas non plus quatre disques d’or avec un seul succès. Et au bout de quatre décennies d’une carrière officiellement débutée par le 45 tours « Yoma Yoma », directement disque d’or à sa sortie en 1978, au bout d’une douzaine d’albums, Charles Dina Ebonguè au civil a décidé de communier une fois de plus avec un public fidèle. Entre ceux, adultes, qui ont assisté à son éclosion dans les années 70, faire ses premiers pas musicaux accompagné par Toto Guillaume et Aladji Touré, cadors de l’équipe nationale du makossa, ceux qui ont grandi avec ses airs, ceux qui l’ont découvert à travers leurs mélomanes de parents, etc.


Une célébration donc, en deux dates d’abord, ce 25 février 2017 à Douala-Bercy et le 7 mars prochain au Castel Hall. Deux dates dans la cité économique camerounaise qui sont un peu le reflet du chanteur à la casquette. Février, mois des amours, mars, mois de la femme. Lui le sexagénaire, grand timide, qui chante l’amour, qui  célèbre la gent féminine. Sa célébration est d’ailleurs intitulée : 40 ans de romance. Car à côté du très connu « Sophie », le patrimoine musical de Dina Bell déborde d’autres inestimables trésors : « Na Tondi », « Wala Longo », « Ala », « Nyu Wé », « Son Esèlè Nika », « Na O Ba Mba ». Des douceurs en harmonie avec le tempérament de « Bazor », de son sobriquet.


Parce que, comme James Brown se sentait l’âme d’une « sex machine », Dina Bell a lui une âme de « slows machine » ou plutôt de « soft machine ». Oui, ce dernier terme lui convient mieux. En effet, dans la carrière de Dina Bell, il n’y a pas eu que des morceaux au tempo lent. Des rythmes de makossa plus entraînants aussi, mais pas complètement fous, qui furent tout autant des succès : « Sese O Mulema », « Epupa », « Bobe Na Mbako », « O Si Dia Mba »…Et que dire du magnifique « Elissa » ? Une exploration de la beauté musicale qui aura laissé indifférent plus d’un sponsor car, comme l’explique Sylvain Kom, l’un des membres du comité d’organisation : « Nous sommes au point zéro de ce côté-là. C’est de l’irrespect pour nos grands artistes. »


Un contre-temps fâcheux qu’on avait déjà observé lors des 30 ans de carrière de Ben Decca en novembre 2015, mais qui n’avait pas empêché que la fête soit belle. Les espérances sont les mêmes pour « Bazor », qui a l’intention de ravir le public pendant deux heures avec une quinzaine de chansons, avec à ses côtés des artistes de la jeune comme de la vieille génération. Toto Guillaume, Aladji Touré, Ben Decca, Nkotti François sont annoncés, tout comme Nono Flavy ou Nicole Mara.

Dina Bell: « Ma façon de chanter a épousé ma façon d’être »

Artiste.

Vous célébrez vos 40 ans de musique au Cameroun cette fois alors que la célébration de vos 35 ans de carrière a eu lieu en France. Pourquoi ?
La célébration des 40 ans ne va pas seulement se faire ici. Aux Etats-Unis et en Europe aussi. Le problème pour les 35 ans de carrière, c’est que je n’avais pas trouvé preneur au Cameroun comme c’est le cas cette fois avec Universal  qui est organisateur des deux spectacles. Pour mes 35 ans, c’était différent. En France, il y a plusieurs organisateurs.


En novembre, vous annonciez la sortie d’un nouvel album. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Il faut d’abord dire que cet album, je le prépare depuis longtemps.  Mais c’est l’enregistrement qui a commencé assez récemment. Là nous sommes encore en studio. Toutes les chansons ne sont pas encore enregistrées, parce qu’avec ma dernière tournée qui était plutôt longue, je n’ai pas pu terminer cette phase, qui a toutefois déjà débuté. Donc il faut encore quelques réglages au niveau de l’enregistrement, du pressage. Sinon, le public pourra déjà découvrir un morceau inédit de cet opus à venir lors des spectacles de mes 40 ans de carrière.


Pourquoi vous appelle-t-on « Bazor » ?
Comme mon nom d’artiste est Dina Bell, Bazor est mon sobriquet. C’est un petit nom que je me suis donné tout seul. Comme Toto Guillaume s’est donné celui de Toguy, même si c’est le diminutif de ses nom et prénom. En fait, quand on était jeunes au collège, on était dans des clubs. On admirait des artistes comme James Brown, Johnny Halliday, Hervé Villard, Mike Brant. Et certains prenaient des noms d’artistes connus. J’ai décidé de ne pas emprunter le nom de qui que ce soit. J’ai donc moi-même choisi « Bazor ». Avant même de devenir Dina Bell.  


N’est-ce pas réducteur pour vous d’être appelé tout le temps « chanteur romantique »?
Absolument pas ! Si c’est ce que mes fans ont constaté, je ne vais pas leur dénier cela. D’ailleurs, je pense que c’est ce qui a poussé les organisateurs à intituler la célébration de mes quatre décennies de musique, 40 ans  de romance. Je sais que c’est mon style. Ma façon de chanter a épousé ma façon d’être. Ça reflète, ça traduit l’homme que je suis. Je ne pouvais pas chanter quelque chose qui ne correspond pas à ma personnalité. Je compose mes chansons, depuis le début de ma carrière, par rapport à ce que je suis. On me dit souvent que je fais du makossa doux, qu’il n’y a pas de brutalité dans mes chansons. Ce sont ceux qui m’écoutent qui le disent.


De votre point de vue, à quoi ressemble la musique camerounaise aujourd’hui ?
C’est un problème en rapport avec l’ère du temps. A notre époque, nous avons écouté ce que les Nelle Eyoum, Tokoto Ashanti, Ekambi Brillant et autres ont fait. Mais, je crois que ceux qui viennent après nous veulent autre chose. On ne va pas leur demander de faire le makossa comme nous le faisions. S’ils se retrouvent dans la musique urbaine comme ils l’appellent vulgairement, qu’ils continuent sur cette lancée. Mais ça, c’est dévoyer le makossa. C’est même dévoyer la musique camerounaise. Elle fait la particularité de notre culture camerounaise, au même titre que notre alimentation, nos coutumes… Mais, si la jeunesse veut rentrer dans une autre musique, c’est vraiment déplorable. Je crois qu’il faut qu’ils rectifient le tir.

SUR LE MEME SUJET : Cameroun - Musique

Cameroun - Musique : Cameroun : il était une fois, le rap kamer (8765)
Cameroun - Musique : Un Tenor en « kaba Ngondo (10470)
Cameroun - Musique : Georges Breezy: Le rappeur parti de rien (12906)
Cameroun - Musique : Musique: Christelle Moon sort de l’ombre (12830)
Cameroun - Musique : Linda Raymonde: hymne à la fidélité (12473)
Cameroun - Musique : « bouger le corps », le nouveau single de l'artiste TOUJOURS déjà disponible (11732)
Cameroun - Musique : KIM PROD et L’ACCROCHE présente le titre « SWEET SEXY » d’ADANGO SALICIA ZULU en prélude à la sortie du clip (10700)
Cameroun - Musique : Célébration: Dina Bell, puissance 40 (7509)
Cameroun - Musique : Cameroun : le rappeur Jovi sort « 16 Wives », son troisième album (11790)
Cameroun - Musique : Retour sur le parcours »élogieux » de la « diva » Charlotte Dipanda (14669)
Cameroun - Musique : Danse: le Dab, un phénomène de scène (15717)
Cameroun - Musique : Musique: Urban Live vise la proximité (13930)
Cameroun - Musique : Concert: Joss Stone était à Douala (12515)
Cameroun - Musique : Jeux de la Francophonie : Kareyce Fotso honorée (9897)
Cameroun - Musique : Musique: rencontre à voix-basse (13701)
Cameroun - Musique : Cameroun: Sur une affiche géante, un artiste présente le postérieur nu d'une femme (16880)
Cameroun - Musique : Musique: sous le charme d’Elena Serna (14415)
Cameroun - Musique : L'artiste Camerounais Franko obtient le disque d'or en France (18076)
Cameroun - Musique : Musique: revoici Koko Ateba (19221)
Cameroun - Musique : Dédicace: Denise Naafa électrise l’IFC (18309)

DANS LA MEME RUBRIQUE : Culture

Femmes : 7 erreurs qu’on a toutes faites avec notre fond de teint (3084)
Cameroun - Réligion : Paul Biya et le pape François saluent « la coexistence pacifique » des religions au Cameroun (3421)
Religion : Cameroun : rencontre prévue entre Paul Biya et le pape François (4313)
Cameroun - Cinéma : Le phénomène Télénovelas (11610)
Cameroun - Livre : Blick Bassy: le « bluesman » à la fine plume (8333)
Cameroun - Communication : Aide publique à la communication privée: 250 millions de F pour 168 demandes (8629)
Cameroun - Musique : Cameroun : il était une fois, le rap kamer (8765)
Cameroun - Communication : Média et paix: des Awards envisagés au Cameroun (9307)
Cameroun - Culture : Manuscrit francophone: un Camerounais primé (9296)
Afrique : “Félicité”: When A Woman Is Determined (8965)
Cameroun - Musique : Un Tenor en « kaba Ngondo (10470)
Can 2017 : Zambie: la langue anglaise, toute une histoire (10075)
Cameroun - Femmes : SUD,Des mariages groupés célébrés à Ebolowa 1er. (10540)
Cameroun - Communication : La Poste camerounaise prête à distribuer les journaux locaux (12123)
Afrique : L'Union Africaine lance le nom de domaine .africa (11816)
Cameroun - Diaspora : Chronique : Une histoire d’immigration (14367)
Cameroun - Réligion : Religion: le carême aujourd’hui (15223)
Cameroun - Culture : La culture comme rempart (16823)
Cameroun - Culture : Canal 2’Or 2017: Chantal Biya félicite les artistes (16767)
Cameroun - Culture : Les vainqueurs de Canal 2’Or acte 11 (18729)