Cameroun - Politique. Appel au boycott De la fête De l’unité. Ces milliards de Fcfa qui décrédibilisent Fru Ndi et le Sdf

  • Gérard ABEGA | Sans Détour |
  • Publié : Mercredi le 17 Mai 2017 17:18:08 |
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  • Société |

Habitué à manger à la sauce du trésor public, la décision du chairman du Sdf-le Social Democratic Front, sonne pour de nombreux analystes et observateurs comme un déni de patriotisme. Et depuis cette annonce pour le moins surprenante, la décision de Ni John Fru Ndi fait du buzz tant à l’intérieur de son parti que dans l’opinion publique.

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Il veut sans doute surfer sur le climat politique quelque peu sulfureux qui règne dans le microcosme politique camerounais ces temps derniers, pour se refaire une santé politique auprès de l’opinion.

Mais à l’analyse, la décision de chairman du Social Democratic Front d’interdire à ses troupes de prendre part au défilé marquant la 45è édition de l’unité nationale pourrait définitivement creuser la tombe de celui qui était jusque-là présenté comme étant le leader de l’opposition camerounaise. Et pour cause, en choisissant de boycotter la fête nationale pour les intérêts purement politiciens, Fru Ndi se met à dos l’ensemble des camerounais mus par le désir de l’unité et du vivre ensemble, qui entoure la célébration de cette fête républicaine, par-delà les couleurs politiques. Dans les médias et autres thermostats de l’opinion publique, la colère et l’incompréhension enflent, corsées par les différents décaissements qu’opèrent Ni John Fru Ndi et son parti sur le dos du contribuable.

Cette volonté de se mettre en marge de la célébration de l’unité nationale, si chèrement acquise par les camerounais, amène aujourd’hui les fins limiers de la presse à s’interroger et à s’interloquer sur ce que coûtent le Sdf et son chairman aux contribuables. Il en ressort que c’est à coups de milliards de Fcfa que le trésor public a toujours financé le principal parti de l’opposition, qui refuse ainsi de faire honneur à la république à l’occasion de ce 45è anniversaire de sa fête nationale, qui est loin d’être une fête partisane, mais la commémoration de l’ensemble des camerounais. A titre d’illustrations, un mandat électoral de 5 ans coûte au Sdf la bagatelle de pas moins d’un milliard de Fcfa, selon des sources et certaines décharges. Et ce à travers les différentes subventions que le trésor public dégage en faveur des partis politiques à l’occasion des élections que le pays organise. Peut-on refuser de célébrer la république et se nourrir de ses financements ?

Des avantages à la pelle

Là demeure l’énigme de revirement qui traduit, selon des analyses, ce que d’aucuns considèrent comme le chantage permanent du leader du Sdf. On se souvient qu’à l’occasion de l’élection présidentielle de 2011, suivant un arrêté conjoint signé des ministres de l’Administration territoriale et de la Décentralisation et son homologue des Finances, au même titre que les autres candidats, Ni John Fru Ndi avait reçu 15 millions de Fcfa en vue de préparer sa campagne électorale, avant de choisir d’opter pour son boycott. Avait-il remboursé l’enveloppe ? Difficile de savoir. Depuis cette présidentielle jusqu’aux élections législatives du 30 septembre 2013 en passant par les sénatoriales du 14 avril 2013, les subventions cumulées du Sdf se chiffrent à 373 823 018, 70 Fcfa, soit près de 400 millions de Fcfa.

Lorsqu’on y ajoute d’autres financements concédés au parti du baron de Ntarikon à l’occasion des précédents scrutins organisés par le Cameroun, c’est dans des milliards de Fcfa qu’il faudra chercher le soutien constant de la république en faveur du Sdf sur le dos du contribuable camerounais, que le parti met aujourd’hui en déroute en voulant boycotter sa fête nationale. A ces milliards dégagés à l’occasion des élections, il faudra ajouter d’autres financements reçus à l’occasion de la participation du Sdf à d’autres manifestations républicaines. Des subventions qu’il faudra rallonger par d’autres avantages non conventionnels dont bénéficie son chairman de la part de la république. A ce titre, beaucoup se demandent où s’est réfugié Ni John Fru Ndi, après le déclenchement de la crise anglophone dans les régions du Nord-ouest et du Sudouest, si ce n’était à Yaoundé ? Sous la bannière de qui ? Au frais de qui ? Et c’est avec surprise que nombre de camerounais avaient appris la tenue pour la première fois d’une réunion du Nec-le National exécutive comitee, du Sdf à Yaoundé en dehors de Ntarikon son siège naturel et institutionnel. Des questions intelligentes qui montrent que le chairman du Sdf n’a de cesse de bénéficier des avantages à la pelle de cette république qu’il entend aujourd’hui boycotter, en refusant à ses militants de prendre part au défilé marquant la fête nationale du pays. En tout cas, cet appel au boycott, au regard du tollé qu’il soulève, et comparativement aux prébendes que le Sdf tire de la république, contribuera à décrédibiliser ce qui était jusque-là considéré comme le principal parti de l’opposition aux yeux d’une opinion publique, qui au fil des ans démasque le vrai visage du Social Democratic Front et de son leader, dont la notoriété ne cesse de fondre telle neige au soleil, avec des répercussions sur ses résultats électoraux dégringolant.

Gérard ABEGA

 

 

Pernicieux calcul politicien
Et si le Sdf voulait raviver la crise anglophone ?

Que cache la décision du Sdf de ne pas prendre part à cette édition de la commémoration de l’unité nationale ? Pourtant par le passé, le défilé du 20 mai était perçu, au-delà du symbole qu’il représente, comme la tribune d’affirmation et de propagande de tout parti politique, fier de participer à l’émulation de la vie politique de la nation. La décision du chairman intervient dans un contexte politique atypique, marqué par des revendications séparatistes qui mettent à mal la cohésion sociale au Cameroun depuis quelques mois. On croyait pourtant que dans un élan de solidarité nationale, les partis politiques, toutes tendances confondues, s’étaient montrés solidaires du gouvernement pour trouver des réponses appropriés à ce qu’il convient d’appeler la crise anglophone. Les mesures prises par les pouvoirs publics avaient jusque-là c conduit à une certaine accalmie de la tension sociale qui a ébranlé les régions anglophones du pays du fait de cette crise, avec la décrispation remarquée sur le terrain depuis quelques mois, à la faveur des solutions décidées par le chef de l’Etat. A savoir la création de la commission nationale de promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, dont le secrétaire permanent est un digne fils du Nord-ouest, l’insertion des pratiques et coutumes du Common law dans le système judiciaire national tel que l’exigeaient les avocats anglophones, l’appel synergique à la reprise des cours dans les régions anglophones par les différents partenaires de la communauté éducative, et l’organisation depuis lundi dernier des examens pratiques du Gce. Des mesures saluées par l’ensemble de la communauté nationale, et qui ont contribué au retour à la normale dans les régions anglophones du pays, et à la concrétisation du vivre ensemble que les camerounais appellent de tous leurs voeux, à la suite du chef de l’Etat qui incarne les institutions républicaines.

Que peut bien cacher la décision du Sdf de ne pas prendre part au défilé dans ce contexte de retour progressif aux valeurs républicaines dans le Nord-ouest et le Sudouest ? Les analystes les plus érudits ne manquent pas de lire en filigrane de ce boycott des calculs politiciens pernicieux dont le dessein inavoué serait de remettre du l’huile sur le feu de la crise dite anglophone, afin peut-être de faire sombrer l’Etat dans une gouvernabilité chaotique. Et pour cause, il y’a fort à craindre que cet appel au boycott de la fête de l’unité nationale sorte des bois les vandales qui avaient plongé les régions anglophones dans les troubles sociaux de ces derniers mois. Autant dire une surenchère irresponsable d’un parti qui se veut républicain (en siégeant au sein des institutions de la république), mais qui voudrait se cacher derrière des revendications saugrenues pour redorer un blason depuis longtemps terni par le chantage permanent de son leader.

G.A.

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